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3,26 milliards de dollars envoyés par les Tunisiens de l'étranger : ce que pèsent les transferts, et ce qu'ils coûtent

Mis à jour le Source : Banque mondiale — Indicateurs du développement dans le monde (balance des paiements, FMI), CC BY 4.0Source : Banque mondiale — Indicateurs du développement dans le monde, CC BY 4.0Source : Banque mondiale — Remittance Prices Worldwide, CC BY 4.0Source : Banque mondiale — Remittance Prices Worldwide, corridor France → Tunisie, Banque mondiale — réutilisation avec attribution
Transferts de fonds reçus · 20243,3 Md USD

En 2024, les transferts personnels reçus par la Tunisie ont atteint 3,26 milliards de dollars, selon la Banque mondiale — le montant le plus élevé de la série depuis son début en 1976. Rapporté à la taille de l'économie, cela représente 6,3 % du produit intérieur brut. À titre d'échelle, c'est 4,3 fois le montant des investissements directs étrangers entrés dans le pays la même année (760 millions de dollars en 2024).

Ce que compte exactement ce chiffre

La série additionne deux lignes de la balance des paiements, selon la définition du FMI reprise par la Banque mondiale : les transferts personnels — l'argent qu'un résident de l'étranger envoie à un ménage resté au pays — et la rémunération des salariés qui travaillent hors de Tunisie moins d'un an. Elle ne compte que ce qui passe par des canaux enregistrés : banques, Poste, sociétés de transfert. L'argent apporté en espèces à l'été n'y figure pas, sauf s'il est ensuite déposé et déclaré comme tel.

La Banque centrale de Tunisie publie de son côté des « revenus du travail » en dinars, sur un périmètre qui n'est pas exactement le même. Les deux chiffres ne se contredisent pas ; ils ne se comparent pas non plus terme à terme. Ce site affiche la série de la Banque mondiale parce qu'elle est disponible en dollars courants pour les cinq pays comparés, avec la même définition.

Un montant multiplié par 23 depuis 1976, en dollars courants

La série part de 142 millions de dollars en 1976. Elle franchit un premier palier dans les années 2000, marque un creux au milieu des années 2010 — le point bas récent est 1,70 milliards en 2018 — puis repart nettement à partir de 2020 pour atteindre son niveau actuel.

Ces montants sont en dollars courants : ils ne tiennent compte ni de l'inflation, ni du change. Une année de dinar faible n'y change rien, puisque les envois sont libellés en devises ; une année de dollar fort face à l'euro, en revanche, fait baisser le chiffre sans que les familles aient envoyé moins d'euros. La série en part du PIB neutralise une partie de cet effet.

Transferts de fonds reçus — 1960 à 2024De 1976 à 2024 : minimum 0,1 Md USD en 1976, maximum 3,3 Md USD en 2024, dernière valeur 3,3 Md USD. Le détail complet est dans la table sous le graphique.1,02,03,00,13,3197619861996200620162024

En part du PIB : un poids qui a changé de niveau

Transferts de fonds en part du PIB — 1960 à 2024De 1976 à 2024 : minimum 3,1 % du PIB en 1993, maximum 6,3 % du PIB en 2024, dernière valeur 6,3 % du PIB. Le détail complet est dans la table sous le graphique.4,05,06,03,16,3197619861996200620162024

Pendant deux décennies, les transferts ont oscillé autour de 4 % du PIB. La série change de niveau en 2020 et 2021, et n'est pas redescendue depuis : 6,3 % en 2024, contre 4,3 % en 2019. Ce que la série montre, c'est un décrochage durable, pas un pic isolé ; elle ne dit pas ce qui l'a produit.

Et chez les voisins

Égypte11,4 2025
Maroc7,5 2025
Tunisie6,3 2024
France1,2 2025
Algérie0,7 2024

Sur les dernières valeurs disponibles, la Tunisie affiche la 3e valeur la plus élevée des 5 pays, à 6,3 % du PIB, derrière le Maroc. Le Maroc est à 7,5 % en 2025, l'Égypte à 11,4 % en 2025, l'Algérie à 0,7 % en 2024. La France, pays d'accueil plus que d'origine, est à 1,2 % en 2025 : le chiffre y recouvre pour l'essentiel les salaires de ses travailleurs frontaliers, un flux d'une autre nature.

Un rapport plus élevé au PIB ne signifie pas que la diaspora est plus généreuse : il dit que l'économie qui reçoit est plus petite, ou que la diaspora est plus nombreuse, ou les deux. La série ne sépare pas ces effets.

Ce que coûte encore un envoi

L'argent qui arrive n'est pas l'argent qui part. La Banque mondiale mesure chaque trimestre le coût total d'un envoi de 200 dollars — frais affichés plus marge prise sur le taux de change — sur les principaux corridors du monde. Pour la Tunisie, tous pays d'origine confondus, ce coût moyen était de 5,54 % en 2023, contre 10,65 % à son maximum en 2017. L'objectif fixé par les Nations unies dans les objectifs de développement durable est de 3 %.

Sur le corridor qui compte le plus pour les Tunisiens de France, le relevé du trimestre 2025-Q3 donne une moyenne de 5,5 % sur 12 offres. L'écart entre elles est le vrai sujet : pour le même envoi, la moins chère coûte 0,6 % et la plus chère 28,2 %. Sur un seul envoi de 500 euros, cette différence représente 138 euros.

  1. Attijariwafa Bank (internet) 0,61 % du montant envoyé, pour 200 EUR
  2. Attijariwafa Bank (agence) 2,04 % du montant envoyé, pour 200 EUR
  3. MoneyGram (carte) 2,49 % du montant envoyé, pour 200 EUR

Le comparateur classe l'ensemble des offres relevées sur le coût total réel, pour 200 et 500 euros, avec le délai et le mode de retrait. Le classement est calculé sur le relevé de la Banque mondiale et sur rien d'autre.

Ce que la série ne dit pas

Elle ne dit pas d'où vient l'argent, pays par pays : la Banque mondiale publie des matrices bilatérales, mais elles sont estimées, non mesurées, et ce site ne les reprend pas. Elle ne dit pas qui envoie ni à qui, ni ce que les ménages en font. Elle ne compte pas l'informel. Et elle ne dit rien de ce que les Tunisiens de l'étranger apportent autrement — par leurs séjours, comptés dans le tourisme, ou par leurs investissements, comptés ailleurs dans la balance des paiements.

Ce site republie les chiffres de leurs producteurs et n'avance pas d'explication qui ne soit celle d'un rapport officiel nommé.

Pour aller plus loin

Fiche source

Banque mondiale — Indicateurs du développement dans le monde (balance des paiements, FMI)CC BY 4.0 · BX.TRF.PWKR.CD.DT
https://api.worldbank.org/v2/fr/country/TUN/indicator/BX.TRF.PWKR.CD.DT

Banque mondiale — Indicateurs du développement dans le mondeCC BY 4.0 · BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS
https://api.worldbank.org/v2/fr/country/TUN/indicator/BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS

Banque mondiale — Remittance Prices WorldwideCC BY 4.0 · SI.RMT.COST.IB.ZS
https://api.worldbank.org/v2/fr/country/TUN/indicator/SI.RMT.COST.IB.ZS

Banque mondiale — Remittance Prices Worldwide, corridor France → TunisieBanque mondiale — réutilisation avec attribution · RPW FR-TN
https://remittanceprices.worldbank.org/corridor/FR/TN

Série collectée le 2026-09-06. Libellé du producteur : Transferts personnels et rémunération des employés ($ US courants)