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La Tunisie prélève 92 % de son eau renouvelable : trente ans de stress hydrique

Mis à jour le Source : FAO — AQUASTAT, via Banque mondiale (Indicateurs du développement dans le monde), CC BY 4.0Source : OMS / UNICEF — Programme commun de suivi (JMP), via Banque mondiale, CC BY 4.0
Stress hydrique · 202292,1 % des ressources internes

En 2022, la Tunisie a prélevé l'équivalent de 92,1 % de ses ressources en eau douce renouvelables internes, selon les données de la FAO republiées par la Banque mondiale. Sur l'échelle que la FAO utilise pour l'objectif de développement durable 6.4.2, un ratio compris entre 75 et 100 % correspond à un stress hydrique « élevé » ; au-delà de 100 %, le pays prélève chaque année plus que ce que la pluie lui rend. La Tunisie est dans la première catégorie, à quelques points de la seconde.

Ce que mesure exactement ce ratio

L'indicateur divise les prélèvements annuels d'eau douce — agriculture, industrie, ménages — par les ressources renouvelables internes, c'est-à-dire l'eau que les précipitations tombées sur le territoire alimentent chaque année dans les rivières et les nappes. Deux précisions changent la lecture.

Prélever n'est pas consommer : une partie de l'eau prélevée retourne au milieu. Le ratio décrit une pression sur la ressource, pas un bilan.

Et « interne » exclut l'eau qui vient d'ailleurs. C'est pour cette raison que l'Égypte, sur la même série, affiche 7 750 % : presque toute son eau vient du Nil, qui prend sa source hors de ses frontières et ne compte donc pas dans ses ressources internes. Le chiffre est exact au sens de la définition, et inutilisable pour une comparaison de voisinage. Il est affiché dans le tableau, hors de l'échelle du graphique.

Une baisse jusqu'en 1975, puis une remontée continue

La série commence à 25,5 % en 1975, descend jusqu'à 25,5 % en 1975, puis remonte, à un creux près, jusqu'à son maximum actuel, 92,1 % en 2020. Entre le point bas et la dernière valeur, le ratio a gagné 66,6 points.

Un ratio monte pour deux raisons possibles, et la série ne dit pas laquelle domine : soit les prélèvements augmentent, soit l'estimation de la ressource renouvelable est revue à la baisse. La FAO publie les deux composantes séparément ; ce site n'affiche que leur rapport.

Une autre précaution est propre à cette série. La FAO ne dispose pas d'une mesure chaque année : entre deux enquêtes nationales, les valeurs sont interpolées, et la dernière valeur connue est reconduite jusqu'à l'année la plus récente. Les paliers visibles en fin de courbe ne sont donc pas une stabilisation observée ; ils signifient qu'aucune mesure plus récente n'a été publiée.

Stress hydrique — 1960 à 2022De 1975 à 2022 : minimum 25,5 % des ressources internes en 1975, maximum 92,1 % des ressources internes en 2020, dernière valeur 92,1 % des ressources internes. Le détail complet est dans la table sous le graphique.40,060,080,025,592,192,1197519851995200520152022

Et chez les voisins

Égypte7 750,0 hors échelle
Tunisie92,1 2022
Algérie91,5 2022
Maroc36,5 2022
France12,2 2022

Sur les dernières valeurs disponibles, la Tunisie affiche la 2e valeur la plus élevée des 5 pays, à 92,1 % des ressources internes, derrière l’Égypte. L'Algérie est au même niveau, à 91,5 % en 2022. Le Maroc est à 36,5 % en 2022 et la France à 12,2 % en 2022 — sous le seuil de 25 % en deçà duquel la FAO ne parle pas de stress.

Ces écarts tiennent d'abord au dénominateur. Un pays où il pleut peu a des ressources internes faibles ; le même volume prélevé y pèse mécaniquement plus lourd. Le ratio compare des pressions relatives, pas des volumes d'eau.

Stress élevé, accès presque universel

Le stress hydrique décrit la ressource ; il ne décrit pas ce qui arrive au robinet. Sur une autre série, celle du Programme commun OMS/UNICEF, 96,7 % de la population tunisienne disposait en 2024 d'un service d'eau potable de base, contre 87,5 % en 2000. Les deux séries sont vraies en même temps : un pays peut approcher la limite de sa ressource renouvelable tout en ayant raccordé la quasi-totalité de ses habitants. Ce que la première annonce, c'est la marge qui reste pour maintenir la seconde.

Ce que la série ne dit pas

Elle ne distingue pas les usages — l'agriculture, l'industrie et les ménages sont additionnés. Elle ne dit rien des barrages, de leur taux de remplissage, ni du dessalement, qui n'entre pas dans les ressources renouvelables. Elle ne dit rien des régions : un ratio national moyenne un nord arrosé et un sud qui ne l'est pas.

Elle ne dit pas non plus pourquoi. Ce site republie les chiffres de leurs producteurs et n'avance pas d'explication qui ne soit celle d'un rapport officiel nommé.

Pour aller plus loin

Fiche source

FAO — AQUASTAT, via Banque mondiale (Indicateurs du développement dans le monde)CC BY 4.0 · ER.H2O.FWTL.ZS
https://api.worldbank.org/v2/fr/country/TUN/indicator/ER.H2O.FWTL.ZS

OMS / UNICEF — Programme commun de suivi (JMP), via Banque mondialeCC BY 4.0 · SH.H2O.BASW.ZS
https://api.worldbank.org/v2/fr/country/TUN/indicator/SH.H2O.BASW.ZS

Série collectée le 2026-09-06. Libellé du producteur : Retraits annuels d’eau douce, total (% des ressources internes)